Dossier Budget des ménages · Octobre 2026

Votre argent disparaît-il vraiment plus vite… ou est-ce votre budget qui a changé ?

Entre logement, courses, énergie, assurances et dépenses du quotidien, le budget des Français est soumis à des arbitrages de plus en plus nombreux. Pourtant, quelques habitudes simples permettent parfois d’y voir beaucoup plus clair.

Une personne compare un ticket de courses à sa table de cuisine, entourée de fruits et de légumes.

En chiffres

+2,4 %
Prix à la consommation sur un an en août 2026
Insee · 6 octobre 2026
+16,7 %
Énergie sur un an
Après +2,1 % d’inflation en juillet
+1,1 %
Prix de l’alimentation
Services : +1,9 %
28 %
Part du logement, de l’eau et de l’énergie
Consommation des ménages 2025

Pendant plusieurs années, l’inflation a occupé une place centrale dans les préoccupations économiques des Français.

Elle avait nettement ralenti.

Mais le sujet n’a pas disparu.

Selon les derniers chiffres définitifs publiés par l’Insee le 6 octobre 2026, les prix à la consommation ont progressé de 2,4 % sur un an en août 2026, après +2,1 % en juillet.

L’énergie a notamment augmenté de 16,7 % sur un an, tandis que les prix de l’alimentation progressaient de 1,1 % et ceux des services de 1,9 %.

Pris séparément, chacun de ces chiffres semble abstrait.

Dans un budget familial, ils prennent une autre dimension.

Marché alimentaire en plein air, étals de fruits, légumes et fleurs.
Salon lumineux d'un appartement, avec un carnet posé sur la table.
Enveloppe de facture posée sur un plan de travail de cuisine, près d'un bol de fruits.
Le plein de la voiture.
Les courses du samedi.
La facture d'électricité.
La mutuelle.
L'assurance automobile.
Le téléphone.
Le loyer ou le remboursement du logement.
La cantine.
Un restaurant.
Puis cette dépense qui n'était tout simplement pas prévue.
Une réparation.
Un appareil électroménager à remplacer.
Une voiture à faire réviser.
Un déplacement imprévu.

Individuellement, aucune de ces dépenses ne raconte vraiment l'histoire du budget d'un ménage.

C'est leur addition qui la raconte.


Les revenus peuvent progresser sans que le budget paraisse plus confortable

C'est probablement l'un des paradoxes les plus intéressants de la période actuelle.

Les salaires nominaux ont augmenté.

Dans les branches marchandes non agricoles, l'Insee estime que le salaire moyen par tête a progressé de 2,0 % en moyenne en 2025. Une fois l'évolution des prix prise en compte, sa progression réelle était de 0,7 %.

Mais l'Insee souligne également que le pouvoir d'achat de ce salaire moyen restait encore, en moyenne en 2025, 0,6 % inférieur à son niveau de 2019.

Et lorsque l'on regarde non plus seulement les salaires, mais l'ensemble des revenus des ménages, la situation devient encore plus nuancée.

En 2025, le revenu disponible brut des ménages a augmenté de 0,5 %, alors que l'indice des prix correspondant à leur consommation progressait davantage.

Résultat : le pouvoir d'achat du revenu disponible brut a reculé de 0,4 % sur l'année.

La tendance est restée fragile en 2026.

Au deuxième trimestre 2026, le revenu disponible brut des ménages a encore progressé de 0,5 % par rapport au trimestre précédent, mais leur pouvoir d'achat a diminué de 0,5 % sur le même trimestre.

Rapporté aux unités de consommation — une mesure permettant de tenir compte de la taille du foyer — le recul atteint 0,6 %.

Autrement dit, voir son revenu augmenter ne signifie pas automatiquement avoir beaucoup plus d'argent disponible à la fin du mois.

Et c'est précisément là que la question du budget devient intéressante.


Avant même le premier achat du mois, une partie du revenu est déjà engagée

Les économistes de l'Insee utilisent une expression particulièrement révélatrice :

les dépenses pré-engagées.

Ce sont les dépenses liées à des contrats ou engagements qu'il est difficile de modifier rapidement.

L'Insee y inclut notamment :

  • le logement
  • l'eau
  • le gaz
  • l'électricité et les autres combustibles
  • les télécommunications
  • certaines dépenses de cantine
  • les abonnements de télévision
  • les assurances hors assurance-vie
  • certains services financiers

Ces dépenses présentent une caractéristique essentielle : lorsque le salaire arrive sur le compte, une partie de celui-ci est déjà, en pratique, destinée à les financer.

Ce qui compte alors pour la vie quotidienne n'est plus seulement le revenu affiché sur la fiche de paie.

C'est ce qu'il reste réellement une fois ces engagements pris en compte.

L'Insee appelle cela le revenu arbitrable.

Et en 2025, le pouvoir d'achat de ce revenu arbitrable a diminué de 1,1 %, davantage que le pouvoir d'achat global des ménages.

C'est une distinction importante.

Deux ménages disposant exactement du même revenu peuvent avoir des situations budgétaires très différentes.

L'un peut avoir un logement peu coûteux, peu de déplacements et peu d'engagements mensuels.

L'autre peut consacrer une part nettement plus importante de son revenu au logement, à la voiture, aux assurances, à l'énergie ou à différents contrats.

Le revenu est identique.

La marge de manœuvre ne l'est pas.


Où part l'argent des ménages français ?

Les derniers comptes nationaux détaillés de l'Insee donnent une idée très concrète de la structure des dépenses.

En 2025, les ménages français ont directement consacré environ 1 545,9 milliards d'euros à leur consommation.

Le premier poste était très largement le logement, l'eau, le gaz, l'électricité et les autres combustibles, avec environ 433 milliards d'euros, soit 28 % de la dépense de consommation finale des ménages.

Venaient ensuite notamment :

Ces trois ensembles représentent déjà une part considérable du budget.

Et ils ont un point commun : il est difficile de simplement les supprimer.

On peut comparer les prix.

Modifier certaines habitudes.

Réexaminer certains contrats.

Planifier davantage.

Mais il faut toujours se loger, manger, se déplacer et assurer certains biens.

C'est pour cette raison qu'une bonne gestion budgétaire n'est pas nécessairement une recherche permanente de la dépense la moins chère.

Elle consiste surtout à savoir où va réellement l'argent.


Le problème des « petites dépenses » est souvent mal posé

On entend régulièrement qu'il suffirait de supprimer le café pris à l'extérieur, le restaurant occasionnel ou quelques petits plaisirs pour reprendre le contrôle de son budget.

La réalité est plus complexe.

Renoncer à toute dépense agréable n'est pas une méthode budgétaire.

Et ce n'est certainement pas l'objectif.

Une organisation financière saine devrait au contraire permettre de distinguer plusieurs catégories :

ce qui est obligatoire ce qui est nécessaire ce qui est variable ce qui peut être anticipé et ce que l'on choisit simplement parce que cela fait plaisir

Le véritable problème apparaît lorsque toutes ces dépenses sont mélangées sur le même compte et observées uniquement à travers le solde bancaire.

42 €Un débit
18 €Puis
76 €Puis
9 €Puis

Pris séparément, aucun ne semble particulièrement important.

À la fin du mois, il devient pourtant difficile de comprendre pourquoi plusieurs centaines d'euros ont disparu.

Ce n'est pas nécessairement parce qu'ils ont été « gaspillés ».

Ils n'ont simplement pas été regroupés en catégories permettant de les comprendre.


Faire un budget ne signifie pas prévoir chaque euro

L'image traditionnelle du budget personnel est parfois décourageante.

Un tableur immense.

Des dizaines de catégories.

Chaque ticket de caisse enregistré.

Des calculs chaque soir.

Ce niveau de détail peut convenir à certaines personnes.

Il n'est pas indispensable pour tout le monde.

Dans de nombreux cas, quelques chiffres suffisent déjà à rendre la situation beaucoup plus lisible.

Il est possible de commencer par cinq grandes questions :

1

Combien entre réellement chaque mois ?

2

Combien part automatiquement dans les dépenses fixes ?

3

Combien est consacré aux dépenses courantes ?

4

Quelles dépenses importantes mais irrégulières peuvent être anticipées ?

5

Quelle somme reste réellement disponible ?

Cette dernière question est probablement la plus importante.

Car un solde bancaire n'est pas forcément de l'argent disponible.

Si 1 200 euros apparaissent sur un compte mais que 900 euros de prélèvements doivent encore intervenir, la marge réelle n'est évidemment pas de 1 200 euros.

Cette confusion entre solde bancaire et argent réellement disponible est l'une des raisons pour lesquelles un budget peut sembler confortable au début du mois et beaucoup plus tendu quelques semaines plus tard.


Les dépenses imprévues ne sont pas toutes imprévisibles

C'est une autre distinction utile.

Une panne de voiture précise est imprévisible.

Mais le fait qu'une voiture nécessite un jour une réparation ne l'est pas.

Le mois exact où un appareil électroménager devra être remplacé est inconnu.

Mais aucun appareil ne dure éternellement.

On ne connaît pas forcément à l'avance le montant d'une future dépense de santé non totalement remboursée.

Cela ne signifie pas que ce type de dépense n'arrivera jamais.

Il peut donc être utile de considérer certains « imprévus » comme une catégorie budgétaire à part entière.

Non pas pour prévoir exactement ce qui arrivera.

Mais pour laisser, lorsque la situation financière le permet, une petite marge destinée à ce qui n'a pas encore de nom.

Cette différence paraît minime.

Psychologiquement, elle change beaucoup de choses.

La dépense inattendue cesse d'être systématiquement un événement venant bouleverser l'ensemble du mois.

Elle peut parfois être absorbée par une marge qui avait précisément été conservée pour cela.

Cela dépend évidemment du revenu et de la situation de chaque foyer : aucune méthode ne permet de créer mécaniquement une marge lorsqu'il n'en existe pas.


Épargner beaucoup… et pourtant se sentir sous pression

Autre paradoxe français : au niveau macroéconomique, les ménages épargnent beaucoup.

Selon l'Insee, le taux d'épargne des ménages s'est établi à 17,9 % en 2025, après 18,5 % en 2024.

Mais cette moyenne nationale ne signifie évidemment pas que chaque Français met près de 18 % de son revenu de côté.

Une moyenne mélange des situations extrêmement différentes.

Certains ménages disposent d'une capacité d'épargne importante.

D'autres beaucoup moins.

Certains n'en ont temporairement aucune.

C'est pourquoi l'objectif réaliste d'une organisation budgétaire ne devrait pas être :

« vous devez épargner X % de vos revenus ».

La première étape est plus simple :

comprendre sa propre situation.


Quand le budget devient réellement fragile

Les statistiques de la Banque de France rappellent également que les difficultés budgétaires peuvent prendre des formes beaucoup plus sérieuses.

En 2025, 148 013 dossiers de surendettement ont été déposés auprès des commissions départementales de surendettement, soit 9,8 % de plus qu'en 2024.

La Banque de France précise toutefois que le nombre de dossiers reste 32 % inférieur à son niveau de 2015.

Ce chiffre ne doit évidemment pas être extrapolé à l'ensemble des ménages français.

La majorité des foyers ne se trouve pas dans une situation de surendettement.

Mais il rappelle une chose simple : lorsque l'équilibre entre revenus, engagements fixes, crédits et dépenses courantes se dégrade durablement, la gestion du budget n'est plus un sujet abstrait.

Elle devient très concrète.

Et intervenir tôt est généralement plus simple que devoir reconstruire entièrement sa situation financière plus tard.


Le véritable objectif : créer de la visibilité

Un bon budget n'a pas nécessairement pour objectif de dépenser le moins possible.

Il sert d'abord à prendre des décisions.

Imaginez trois situations.

1

Le mois se termine avec 150 € disponibles

Sans organisation particulière, ces 150 euros peuvent simplement se fondre dans les dépenses suivantes.

Avec une vision plus structurée, ils peuvent être répartis volontairement :

une partie pour un projet une partie conservée pour un imprévu une partie dépensée librement

La somme est la même.

La décision est différente.

2

Le mois se termine presque à zéro

Un budget permet alors de chercher pourquoi.

Est-ce le logement ?

Les transports ?

Les abonnements ?

Les courses ?

Des dépenses exceptionnelles ?

Ou simplement un ensemble de petites dépenses variables ?

Il devient possible de chercher les postes réellement ajustables plutôt que de réduire indistinctement tout ce qui procure du plaisir.

3

Les dépenses dépassent régulièrement les revenus

Dans cette situation, un tableau budgétaire ne constitue évidemment pas une solution magique.

Mais il peut rendre visible l'origine du déséquilibre et aider à déterminer quelles démarches ou quels ajustements doivent être étudiés.


Une méthode simple : donner un rôle à l'argent avant qu'il ne soit dépensé

L'idée paraît presque trop simple.

Pourtant, elle change la logique.

Au lieu d'attendre la fin du mois pour découvrir ce qu'il reste, on détermine en début de période quelles sommes doivent couvrir quelles catégories.

Par exemple :

Revenus disponibles
Dépenses fixes
Vie quotidienne
Dépenses irrégulières prévisibles
Marge de sécurité éventuelle
Projets et loisirs

Ce n'est pas une règle universelle.

Il n'existe pas de répartition parfaite valable pour tous les foyers.

Une personne vivant seule à Toulouse n'a pas les mêmes dépenses qu'une famille en région parisienne.

Un propriétaire n'a pas les mêmes contraintes qu'un locataire.

Une personne utilisant quotidiennement sa voiture n'a pas le même budget transport qu'une personne se déplaçant en métro.

La méthode doit donc s'adapter au foyer, et non l'inverse.


Et les petits plaisirs dans tout ça ?

Deux personnes discutent à une terrasse de café ensoleillée.

Ils devraient justement faire partie du budget.

Un budget personnel qui ne prévoit rien pour les loisirs, les sorties, les vacances, un restaurant ou simplement une envie occasionnelle risque vite d'être abandonné.

L'objectif n'est pas de transformer chaque achat en culpabilité.

Il est de savoir combien on peut raisonnablement consacrer à ces dépenses sans compromettre les engagements plus importants.

Lorsque cette somme est définie à l'avance, la dépense peut même devenir plus agréable.

Elle n'entre plus en compétition permanente avec le loyer, l'électricité ou les dépenses futures.


Et une « cagnotte pour un rêve » ?

Valise ouverte au soleil, prête pour un départ.
Voyage.
Nouvelle voiture.
Projet familial.
Travaux.
Formation.
Ou simplement une réserve financière plus importante.

Un objectif lointain paraît souvent inaccessible lorsque l'on pense directement à sa somme totale.

5 000 euros peuvent sembler considérables.

La logique change lorsqu'un projet est intégré à un budget sur une période plus longue.

Mais il faut rester prudent : la possibilité d'épargner dépend directement des revenus, des charges et des événements de la vie.

Aucune méthode budgétaire ne garantit qu'un objectif donné pourra être financé.

Elle peut en revanche permettre de savoir beaucoup plus précisément si cet objectif est réaliste et quelle place il pourrait prendre dans les finances du foyer.


Un budget n'est finalement qu'une série de choix rendus visibles

Cette idée est probablement la plus importante.

Gérer son budget ne signifie pas devenir expert en finance.

Il ne s'agit pas non plus de prédire l'avenir.

Il s'agit de répondre avec davantage de précision à quelques questions ordinaires :

1

Combien puis-je réellement dépenser ce mois-ci ?

2

Quelles dépenses vont arriver prochainement ?

3

Quelle somme puis-je consacrer aux loisirs sans toucher au reste ?

4

Puis-je mettre quelque chose de côté ?

5

Si oui, combien ?

6

Et pour quel objectif ?

La réponse change d'un foyer à l'autre.

Mais pour la trouver, encore faut-il connaître son point de départ.

Questionnaire

Quel est votre rapport actuel à votre budget ?

Répondez à quelques questions rapides.

Aucune donnée personnelle n'est demandée. Les réponses à ce questionnaire ne sont pas transmises à PocheMaline et ne servent qu'à faciliter votre parcours sur cette page.

Question 1 sur 6